
S’il y a bien un sujet auquel je consacre de plus en plus de temps et que je n’ai jamais vraiement évoqué ici, c’est la photographie. Il y a bien une galerie ici ou quelques macro-photos par là, mais ça reste léger.
C’est quelque chose qui va surement changer et vais probablement en parler plus souvent, quelques projets en cours mériteront d’être partagés.
Bref aperçu du setup
Je suis un fan de Canon. Mon premier modèle, il y a environ 20 ans, était un PowerShot A540 avec lequel j’ai fait mes premiers pas.
Aujourd’hui, les 2 appareils photo que je possède sont toujours des Canon:


J’en parlerai probablement plus longuement dans de prochains articles, très bientôt.
J’ai aussi un objectif pour faire de la marco-photo sur mobile, le SkyVik Signi pro 2

C’est celui utilisé avec un Samsung S22 (pas encore utilisé avec le S25) sur la page macro-photo évoquée plus haut.
Stocker, oui, mais pas n’importe comment
Toutes ces photos ont besoin d’être stockées. Elles le sont déjà par défaut sur les différentes cartes SD de ces appareils. Si on veut s’assurer de les conserver à long terme, que ce soit par anticipation d’une nostalgie future ou d’une utilisation professionnelle ultérieure, il faut alors prévoir plusieurs copies. Et ici encore, la méthode 3-2-1 s’applique:
3 copies de vos données sur 2 supports de stockage différents, dont 1 copie hors site
Beaucoup utilisent iCloud ou Google Photos. C’est bien pour les selfies avec les copains ou les photos de vacances. Le tri est automatisé, ça créé des albums avec une jolie musique d’ascenseur, ça balance des « memories » pour se remémorer cette journée à la mare aux canards, magnifique! Mais ce n’est pas ce qu’on veut utiliser pour un travail plus sérieux. Déjà parce-que ces fonctionnalités sont plus distrayantes qu’utiles quand on parle vraiment de travail photographique. De plus les données EXIF sont vaguement conservées. Mais surtout, Google et ses algo boostés à l’IA) n’hésitent plus à bannir des comptes Google dans leur totalité parce-que des personnes ont uploadé des photos pédophiles qui n’en sont pas (Il existe de nombreux autres cas pour d’autres raisons, quand il y en a une). Les oeufs dans le même panier, tout ça… on va éviter.
Encore une fois, on peut utiliser ce genre de service pour des trucs perso, pour le reste mieux vaut séparer. Le cloisonnement des usages est votre ami. En guise de cloud storage, j’ai opté pour MEGA en alternative à Dropbox ou Google Drive parce-que chiffré de bout en bout, parce-que pas stocké aux USA et aussi parce-que fonctionnalités vraiment cool. En parallèle j’ai aussi un autre backup sur Nextcloud, chez moi (Une VM installée sur Proxmox lui-même installé sur un Thinkpad, j’en parlerai surement dans un autre post). Ce sont d’excellentes solutions de stockage mais la consultation d’image et le partage de galeries photos ne sont pas leur points forts et n’ont jamais cherché à l’être, c’est du stockage avant tout.
Pour la galerie photos, après avoir recherché et testé plusieurs choses sans jamais vraiment être convaincu. Et c’est là qu’intervient Ente Photos que j’ai récemment découvert.
Ente Photos
Ente Photos a été créé par Vishnu Mohandas, qui n’était pas satisfait des solutions proposées par Google et ses copains, surtout concernant l’aspect vie privée. Beaucoup de personnes s’en foutent, surtout parce-qu’elles ignorent la manière dont sont traitées, partagées et monétisées les photos de leur bambin ou de celles prises sous la couette. Vouloir protéger nos clichés peut se justifier, qu’on soit photographe professionnel qui prend soin des données de ses clients ou un simple individu qui aime cliquer des trucs.
L’équipe compte maintenant une vingtaine de personnes au moment où j’écris ces lignes et a créé 2 autres apps que je n’ai pas encore testées: Ente Auth pour le 2FA et Ente Locker pour stocker des documents privés ou confidentiels.
Globalement, ça ressemble à n’importe quelle galerie mainstream, ça affiche des photos, des miniatures, on peut créer des albums, c’est super chouette.

Parmi les majeures différences, il y en a certaines qui pourront intéresser toute personne qui veut préserver la sécurité de ses données et en prendre le contrôle. Et d’autres qui seront intéressantes juste pour les photographes qui ne veulent pas d’optimisations automatiques parce-que c’est souvent de la merde.
Securité: Chiffré de bout en bout
Lorsque vous uploadez et stockez vos photos sur Ente, vous êtes le/la seul(e) à pouvoir consulter le contenu de votre profil. Aucune autre personne ne peut voir votre contenu, y compris les employés d’Ente eux-mêmes. Pour imager, c’est vous qui possédez les clés de votre propre appartement et même le propriétaire de l’immeuble de pourra pas y entrer.
Lors de la création de votre compte, la création de vos différentes clés permettent de créer l’encryptedMasterKey, version chiffrée de votre masterKey, qui sera envoyée sur leurs serveurs.

Ensuite quand vous uploadez vos photos, tout est chiffré avec votre masterKey avant d’être envoyé.


L’inconvénient de ce modèle, très sécurisé, est que si vous perdez ces clés, personne ne pourra vous aider à récupérer votre contenu et ce sera perdu pour toujours. Il faut donc être bien attentif à la manière dont vous sauvegardez cette précieuse clé.
Tous les détails techniques concernant le chiffrement des données sont sur cette page.
IA locale
Donc tout est sécurisé et lisible par personne d’autre que vous, parfait. Maintenant, comment faire pour avoir une fonctionnalité de recherche qui vous permette de trouver les photos contenant des fleurs bleues et les personnes avec un chapeau jaune comme sur Google Photos? Sur une plateforme à la Google où tout est scrapé à mort avant d’être analysé et sur-analysé, leur IA peut accéder à tout et s’en donne à coeur joie.
Mais sur le modèle Ente, où comme on l’a vu rien n’est accessible sans votre clé privé que même Ente ne peut pas lire, leur problème a été pensé différemment. Puisque les données sont chiffrées avant d’être envoyées, alors c’est sur votre appareil que l’IA doit tourner. Cette option aurait été techniquement impossible il y a quelques années mais aujourd’hui, de tous petits modèles peuvent faire des miracles.


Cette option est désactivée par défaut, ce sera à vous d’aller dans les options de l’application (Ah oui… j’oubliais… ils ont une application desktop pour macOS, Linux et même le vilain Windows).

Pour plus de détails sur leur modèle vous pouvez consulter cette page.
Options de partage
Une des choses les plus cool sur Ente et qui surpasse largement Google Photos, c’est la gestion des partages. Lorsque vous avez créé un album et que vous souhaitez le partager, vous pouvez définir 3 types de profiles: utilisateur, collaborateur et administrateur.
Ceci vous permet de contrôler qui peut faire quoi sur un même partage, sans avoir à créer une copie pour ceci et une autre pour cela. Ensuite, une fois le lien créé, vous pouvez aller encore plus loin et définir si le téléchargement est autorisé, si oui par qui et comment, combien d’appareils, les personnes peuvent-elles ajouter d’autres photos ou commenter, et même protéger le partage par mot de passe (très utile pour renforcer la confiance du client à qui vous envoyez la commande).


Géolocalisation sur OpenStreetMap

Si votre appareil photo possède un GPS, ou s’il n’en a pas et que vous avez ajouté manuellement la position directement sur Ente après upload, vous pouvez ensuite voir la position de chaque photo sur OpenStreetMap, qui est bien plus détaillé que Google Maps.
Données EXIF et qualité photo conservées

La totalité des données EXIF, qui indique le modèle de caméra utilisé, ses réglages, ainsi que tous les autres détails concernant le rendu de la photo, est conservée. Vous devrez scroller de nombreuses fois avant d’arriver à la fin de la liste. Et cerise sur le biscuit: il est même possible de tout copier en un clic, et ça c’est cool aussi.
La « guest view » pour les amis trop curieux
Vous avez déjà probablement mis votre téléphone entre les mains d’un ami qui veut voir vos dernières photos de vacances. Et pendant ces quelques minutes de visionnage, vous passez votre temps à vérifier où il se trouve, afin de s’assurer qu’il n’est pas arrivé sur d’autres photos hors-sujet ou interdites aux moins de 18 ans. La « guest view », ou la « vue invité » en bon français, vous permet alors de sélectionner les photos à regarder et de créer une galerie instantanément. Ainsi, les personnes ne verront ainsi que ces photos et rien d’autre.
Serveurs en Europe
Quand vous utilisez la version en ligne d’Ente, vos données sont hébergées sur des serveurs situés en Europe, plus précisément à Paris, Amsterdam et Francfort. Dans une période où tout le monde parle de souveraineté et passe son temps à créer des clones de produits américains sans écosystème juste pour ne pas utiliser d’écosystèmes américains, c’est un gros avantage qui leur sera surement bénéfique dans un future proche.
https://ente.com/faq/security-and-privacy/data-storage-locations
Auto-hébergement possible
Et oui, si je précisais plut haut « version en ligne », c’est parce-que l’auto-hébergement est possible, je n’ai pas encore testé mais ça ne serait tarder.
https://ente.com/help/self-hosting
Compagnie très prometteuse
On a pu voir rapidement que l’équipe d’Ente ainsi que leur communauté ont mis en place ce que les titans du web ont toujours ignoré ou refusé de mettre en place parce-que pas compatible avec leur « surveillance capitalism » et donc pas rentable. Je pense que je vais contribuer à Ente de quelque manière que ce soit. Si vous aussi souhaitez y consacrer un peu de temps, vous trouverez tous les liens utiles ici: https://ente.com/help/
Il vous en prie.